samedi 14 juillet 2018

Intrigues aux Jardins, tome 1 : avec Lucile Dumont

Tout au long des rendez-vous avec la Muse et les auteurs, les enfants (et les plus grands) sont invités à mettre des mots, des phrases sur le tableau magique de la Muse.

A la fin de chaque semaine, la Muse construira une petite histoire rigolote avec les mots des enfants.
Le thème ? Intrigues aux Jardins. 

Mais on a le droit de ne pas le respecter ... Et les enfants s'en sont donné à coeur joie. Merci à eux.

Voici la première histoire, celle des rendez-vous avec Lucile Dumont. (les mots des enfants ont été mis en rouge).

Merveilleuse Lucile Dumont avec la Muse


Il était une fois, aux Jardins Aquatiques, une Elfe. 

Une Elfe magnifique, radieuse, sublime. Elle était assise sur un nénuphar magique, et elle regardait les poissons aller et venir. 
Cette Elfe était calme, elle racontait des mots magiques,elle dessinait avec des crayons de coulour, et de temps en temps, elle réalisait du slime magique, avec de la bave d’escargot: c’est génial ! Elle s’appelait Lucile, et les oiseaux volaient autour d’elle.

Lucile est formidable,disait-on, dans les Jardins Aquatiques.

Un jour, où le vent soufflait plus fort que d’habitude, une magnifique barbapapata passa par là, transportant avec elle une slimati magique,mais aussi un magnifique slime licorne. 

Au dessus de tout ceci, on aurait pu prendre une photo superbe, une photo de tout, de Lucile, mais aussi de l’eau,où les poissonsbarbotaient et où le nénuphar magiqueétait placé. 

Quand tout à coup, un canarisi s’envola. Un, deux, trois, quatre … Oh, que se passait-il au Pays de Lucile, au Pays des poissons et des carpes KoÏ ? 

Impressionnant !!! Un dragon sous-marinvenait de faire son apparition. Oh, Lucile n’avait jamais vu ça ! Heureusement, les enfants étaient là, et vinrent lui montrer le chemin de la sortie.

Tout redevint calme, petit à petit, au pays des nénuphars magiques,au pays des Koï, au pays des Jardins Aquatiques. Le vent emporta tout doucement le nénuphar magique, et le fait glisser tout au long des étangs, vers les poissons,à qui on peut faire coucou de la main. Le slime magiqua, c’est génial !

Lucile est formidable, elle le sera toujours. 



Pour cette histoire, je tiens à remercier : Lucas (5 ans 1/2), Baptite (3 ans), Henry (28 ans), Juliette et Fantine (11 ans), Nathan (9 ans), Mathis (9 ans), Maxence (11 ans) et enfin Jade (5 ans). Sans oublier la belle main de Lucas, l’escargot de Mathis, les oiseaux d’Emilie et d’Elsa. 

Un grand bisou à vous les enfants. Merci pour cette réalisation ! 
On continue à chaque rendez-vous avec La Muse !!!


La Muse, enchantée 

mercredi 11 juillet 2018

Roland Fuentès aux Jardins Aquatiques : un vrai bonheur de Muse !

Intrigues aux Jardins Aquatiques : le jeu

Un grand merci à tous les enfants pour leur participation active au jeu "Intrigues aux Jardins" avec ...

Le 1er chapitre, avec Lucile Dumont, est presque terminé et sera posté très rapidement.
Quant au 2ème, avec Roland Fuentès, les enfants se sont carrément approprié le tableau (c'est fait pour), et j'ai deux pages complètes de mots pour créer une chouette histoire d'ici la fin de la semaine. 
Ca sera fait.



Bises de Muse !







jeudi 24 mai 2018

Mise à jour du blog RGDP

Le règlement général sur la protection des données (RGPD) entrera prochainement en application. 

À cette occasion, de nouvelles règles concernant vos données personnelles entrent en vigueur comme :

   -  Pouvoir consulter à tout moment les données en notre possession vous concernant.
   -  Fournir des informations sur les données que nous recueillons et la façon dont nous les utilisons.

La Muse a toujours apporté une attention particulière à la sécurisation et l'utilisation des données et sachez que vos droits, notamment de suppression des données vous concernant, restent applicables.
Pour toute question ou demande vous pouvez vous adresser directement à lamusenparle@orange.fr 


lundi 14 mai 2018

Les rencontres de La Muse : Stéphanie Pluquin de Doudoueditions

Et que fait votre Muse quand vous avez le dos tourné ??? 
Des rencontres.
Et des belles.

Voici Stéphanie Pluquin, de Doudoueditions : régalez-vous !


Stéphanie, aussi loin qu'elle se souvienne, a toujours aimé dessiner et écrire. 
Raconter des histoires et les mettre en scènes à travers des personnages qu'elle inventait au fur et à mesure est un art dans lequel elle se perfectionne au fil des ouvrages qu'elle édite.

Exerçant ces métiers comme passion pendant fort longtemps, en 2017, elle se jette à l'eau et décide de créer sa maison d'auto-édition spécialisée dans les livres pour la jeunesse : doudou Editions !

Sa ligne éditoriale est simple et complexe à la fois. 
Abordant des sujets légers comme la vie canine au quotidien, la poésie, les histoires d'amitié enfantines... 
Elle aime par dessus tout parler des problèmes de société réels et compliqués auxquels les enfants doivent parfois faire face comme le handicap,le harcèlement scolaire, la phobie scolaire et l'amitié toxique mais aussi les familles recomposées ou différentes, l'écologie... 

Consciente et convaincue que l'éducation doit passer par la littérature, il est pour elle indispensable que les enfants, dès leur plus jeune âge, apprennent à travers les livres. 
Pour cela, il faut leur donner envie de lire et rien de tel que les contes et légendes pour réussir à capter leur attention et ainsi développer leur imagination. 

Les illustrations sont aussi un très bon moyen de les faire voyager, découvrir et apprendre, c'est pourquoi, elle travaille ses dessins la plupart du temps à l'aquarelle, offrant ainsi beaucoup de douceur et de réalisme.

Un livre c'est un guide d'apprentissage, d'évasion, de découverte et de voyage mais aussi un ami et une identité.
Prenant son rôle très au sérieux, elle met tout en oeuvre pour les emmener au coeur de son monde fantastique et coloré pour développer tous leurs sens et leur imagination débordante !

Elle propose aussi sur sa boutique en ligne des affiches et des cartes postales aquarelle ou à colorier, ainsi qu'une large gamme de produits imprimés à l'effigie des héros de ses livres et des illustrations qu'elle réalise :
Vêtements : t-shirts, sweats et débardeurs, Décoration : cadres et impressions murales, Accessoires : sacs et bandanas...

Boutique officielle : https://doudouedition.fr

Les liens pour retrouver les livres et livres numériques de doudouéditions :

Amazon 
Izibook 
E-pro Shopping 
Payhip 

Les liens pour retrouver ses gammes de produits imprimés (clic sur le titre) :




Retrouvez la sur les réseaux sociaux en cliquant sur le titre :




Et, bien évidemment, roulement de tambour et tout le tralala, la fameuse liste des livres publiés :


Loula, la luciole qui ne brille pas !

Loula est une gentille petite luciole à qui la vie ne sourit pas à cause du regard des autres sur elle.
Elle souffre d'un handicap : celui de ne pas savoir briller ! 
Bien que ça ne lui pose pas de problèmes personnels particuliers, les autres la rejettent de leur groupe.
Loula est une battante mais elle finit par baisser les bras face à la violence des paroles et des actes qui se multiplient contre elle et se déscolarise petit à petit pour ne plus du tout aller à l'école.
  Sa famille et son amie Alia font tout pour lui redonner espoir et confiance en elle tout comme la maîtresse d'école. Tout ce petit monde est bien impuissant face au désespoir de Loula qui déprime.
Alors que les journées sont bien longues, Loula se découvre un talent pour l'art et met tout en oeuvre pour le développer.
 Fière de ce qu'elle accomplit, elle met son talent au service des autres en confectionnant des cadeaux pour les personnes qu'elle aime. La maîtresse qui vient lui rendre visite chaque matin repart avec son cadeau et fait alors une proposition à Loula qu'elle ne pourra pas refuser. Petit à petit, la vie de Loula change, elle reprend confiance et reprend le chemin de l'école...




Les Aventures de Loustik

 Découvrez Loustik, un adorable chiot, en le suivant dans son quotidien.
 Déclinées en 4 tomes relatant sa vie de sa naissance au sein de sa fratrie jusqu'à son premier anniversaire, ce chien amusera petits et grands avec ses aventures rocambolesques voire clownesques !
Le quotidien de Loustik est fait de découvertes, de rencontres, de jeux et d'apprentissage mais aussi de peurs, de petites manies et de bravoure. Il lui faut apprendre à manger que ce qui est bon pour lui, à être curieux sans se mettre en danger, à vivre sans sa maman et ses frères et soeurs, à apprivoiser sa nouvelle famille...
Au coeur des émotions de ce chien, les enfants apprennent aussi à respecter l'animal en prenant conscience que tout comme eux, il a une vie, des émotions aussi diverses et variées qu'un humain.  
Ces ouvrages peuvent Ítre aussi d'excellents guides pour toutes les familles désireuses d'adopter un chien.
Ils font prendre conscience aux enfants qu'un animal n'est pas un jouet et que cela demande travail et efforts.




Le Parapluie qui chante

 Voici un livre enchanteur tout en rimes pour initier les enfants à la poésie à travers un conte musical !
 Sophie a un parapluie très spécial, capable d'inventer des chansons et de les chanter !
 Il ne sort de son placard que quand le temps est pluvieux mais l'aventure commence pour lui et il s'en va retrouver ses compagnons de jeux à l'école avec Sophie et ses amis !
Suspendu dans le couloir de l'école, attendant sagement la récréation, il compose des chansons avec les autres parapluies pour pouvoir chanter à tue tête de magnifiques chansons avec les enfants !   





Anito l'âne Ècolo

 Un village est menacé de perdre son nom si il n'est pas très vite repeuplé par de nouvelles familles.
Le Maire et tout ses habitants lancent donc un appel national pour sauver leur village.
Beaucoup de familles postulent, désireux de vivre une vie plus paisible, plus calme et de faire découvrir les joies de la vie rurale à leurs enfants, leur offrant ainsi un cadre de vie totalement différent que celui de la ville qu'ils connaissent.
Le village reprend vie petit à petit grâce à toutes ces familles qui amènent vie, travail, enfants et animaux.
 Parmis elles, la famille d'Anito : un âne attachant et serviable qui va petit à petit devenir la mascotte.
Les enfants vont développer avec lui une écologie de proximité. L'attelant à une charette, Anito va se charger du ramassage scolaire dans un premier temps. Puis les enfants vont développer des idées comme celle de sillonner le village pour ramasser les détritus qui peuvent joncher sur les trottoirs...
Une très belle histoire de vivre ensemble dans la douceur de vivre à la portée de tout à chacun !


Et ce n'est pas terminé !!!


Doudoueditions travaille en ce moment sur un projet qui se déclinera en plusieurs tomes.

 Pitou et ses graines magiques : un jeune extra-terrestre se voit confier pour mission de venir visiter la terre pour effectuer un recensement des estèces vivantes peuplant cette planète qui le fascine.
Il part donc à l'aventure dans son vaisseau spatial, se pose sur terre et fait la rencontre de peuples.
Ceux-ci vont lui apprendre ce qu'est d'être humain, comment ils vivent, comment se passe la vie sur terre...
Pitou les aidera comme il peut à son tour grâce aux graines magiques qu'ils transportent dans son petit sac...
    
Son premier voyage l'emmène en Afrique où il va faire connaissance avec un tas d'espèces animales : les girafes, les éléphants, les hippopotames, les singes... pour enfin rencontrer Atouba et sa tribu.
    
Une amitié sincère va naître entre ces deux personnages. Ils vont apprendre à se connaître et à comprendre la vie de chacun. A l'heure du départ pour rejoindre sa planète Fantasy, Pitou fera une proposition à Atouba...
  
Les petits secrets du livre
 Pitou se déclinera chaque fois en deux versions adaptées aux plus petits et aux plus grands.
 Une histoire courte et très illustrée pour les plus petits âgés de 4 à 7 ans, et une histoire plus longue, avec un peu moins d'illustrations pour les enfants âgés de 7 à 11 ans.

Une petite différence sera également présente : les illustrations seront en noir et blanc pour que les enfants les colorient en fonction de l'histoire ou de leurs propres envies de créer leurs personnages !

Et ce n'est toujours pas terminé ...   

 En préparation pour 2019 : une histoire sur l'amitié toxique et la phobie scolaire.
 "Quand Charline rencontre Noémie" : Arrivées au collège, les deux jeunes filles vont se lier d'amitié.
Tissant des liens profonds, Noémie va développer une influence toxique sur Charline qui peu à peu va sombrer dans une dépendance affective envers celle qui lui mènera la vie dure et l'emmènera petit à petit vers une phobie scolaire à laquelle sa famille devra faire face...



La Muse, doudou-esque ;)

lundi 7 mai 2018

Vivant, de Roland Fuentès, analyse du roman

Et qu'est-ce qu'elle fait, la Muse, quand vous avez le dos tourné ? 
Et bien, elle fait des MOOC. 

Mais qu'est-ce que c'est donc ? Pour faire simple, c'est un cours en ligne, gratuit, pour lequel il y a des exercices à rendre (mais on peut juste regarder le cours sans faire les exercices, c'est comme on veut). 

Lors du MOOC sur la Littérature jeunesse, 2ème édition, j'ai eu à réaliser la fiche d'un roman. Mon choix l'année dernière s'était porté sur "Rage". Cette année, c'est "Vivant" de Roland Fuentès, dont je vous ai déjà parlé (clic), que j'ai souhaité analysé.



Voici l'analyse que j'ai rendue. Il y avait un nombre de mots à respecter. Mais comme je suis une Muse, j'ai poussé l'analyse (à la fin, vous verrez, pour les petits curieux).

Bonne lecture !!!

Ah, je ne vous ai pas dit ? Roland sera avec nous toute la journée aux Jardins Aquatiques le mardi 10 juillet, de 11 h à 18 h !!! J'espère que vous viendrez nombreux à sa rencontre.

La bise.

La Muse


La Muse, Vivante



Roman choisi par : Chris-Muse

                       La Muse en Parle

 

Données précises sur l’ouvrage :

Auteur : Roland Fuentès. Titre : « Vivant ». Année de 1èrepublication : 2018. 
Collection : Syros. 184 pages.

Résumé de l’intrigue 


Ce résumé portera sur l’ensemble de l’histoire, fin comprise.
Il se présentera sous la forme d’un texte continu de 150 à 200 mots

L’histoire commence par une course, celle de deux adolescents. L’un poursuit l’autre, un couteau en main, pour le tuer. C’est une course à la vie, à la mort. Mais, et s’il meurt, QUI va mourra réellement ? Au travers de cette course poursuite, l’auteur va nous faire découvrir un groupe d’adolescents, complètement soudés, partis pour réviser ensemble et faire du sport. A la tête de ce groupe, Mattéo, grand sportif, imbattable, qui s’entraine sans relâche. Elias, jeune manoeuvre, parfait sous tous les plans, va être invité. Le séjour qui devait s’annoncer parfait va alors virer au cauchemar et chaque ado va revivre ce qui s’est passé tout en essayant d’arrêter la folle et meurtrière chasse à l’homme. Le groupe en ressortira divisé. Le lecteur découvrira à la fin la vie d’Elias : un survivant, un migrant, qui a tout perdu mais qui est vivant. Au tout début du livre, le lecteur peut lire ce message : « Il n’y a pas d’étrangers sur cette terre », slogan de la Cimade.   
170 mots

Analyse du roman 

Ce livre dénonce, en respectant le paradoxe de Soriano, par flash-backs, le racisme latent, la haine, la force du groupe, le meurtre … le suicide, mais aussi la vie. 
Il est écrit en « Je », parfois en « On », sous forme polyphonique, permettant à tous les protagonistes de s’exprimer, sauf les deux coureurs, qui ne prendront jamais la parole directement. Cette technique renforce l’effet de prise à témoin des amis du groupe. 

De nombreux dialogues sont insérés, permettant un rapprochement avec le lecteur. 

Différents thèmes très difficiles sont abordés, avec multiplication des points de vue et chronologie destructurée. 

La structure du roman est d’initiation : Elias est de ceux qu’un « destin hors norme a rendu meilleur ». Sa famille a été décimée (séparation). Il arrivera en France, comme manœuvre (réclusion), il sauvera la vie de Mattéo (transformation), se souviendra (les ancêtres), on saura qui il est vraiment (changement de nom), s’installera avec ses nouveaux amis (fête de clôture).

C’est le groupe qui va raconter l’histoire.
Une grande complexité formelle est à la base de la construction de ce roman, ce qui permet une distanciation nécessaire au lecteur vis-à-vis des thèmes abordés.  

194 mots

Avis personnel 

Ce roman est magnifiquement construit. Roland Fuentès réalise un travail d’orfèvre, sublimer la vie, tout en décrivant magnifiquement la cité phocéenne. Le fait qu’un adolescent puisse basculer ainsi effraie. Et pourtant, l’actualité est remplie de coups de folies. Toujours un leader et ses suiveurs, l’esprit de groupe est bien marqué dans notre société, souvent individualiste. Le groupe peut détruire si on n’y prend garde. Mon regard d’adulte et d’ancienne maraudeuse au Samu Social me confirme également que l’être humain peut être bon. J’aimerais que l’Homme soit plus tourné vers son prochain, qu’il y ait plus d’Elias sur terre. 

98 mots


Je me permets de vous copier page suivante une analyse que j’ai réalisée, et plus poussée du livre Vivant. 
J’espère que vous l’apprécierez (il y a plus de 1000 mots).

(j’ai laissé les questions de nos professeurs)



· Quels sont les rapports du roman choisi avec les influences internationales et l’évolution du roman ? 

Ce livre dénonce, sous couvert de visions d’adolescents effectuées en flash-back, le racisme latent, la haine de l’autre, la force du groupe, Le meurtre … le suicide (« cette course n’est pas celle d’un meurtrier, mais de quelqu’un qui se suicide »), mais aussi, la vie. 

Il n’y a pas de concession dans le texte, ainsi, l’auteur parlera des bombes, des snipeurs, des bus incendiés, de la mort qui frappe, par le gaz, les balles ou les couteaux.
Pour autant, le paradoxe de Soriano est respecté, puisque les horreurs de la guerre et de la volonté de meurtre sont décrites, tout en respectant la jeunesse du lectorat.
  
· Le roman présente-t-il des caractéristiques spécifiques du roman adressé à la jeunesse, par exemple des choix d’écriture qui visent àassurer la compréhension du lecteur, ou àséduire ce même lecteur ? 

Le roman est écrit en « Je », mais sous forme polyphonique, ainsi, tous les protagonistes vont s’exprimer, noyant une position que le lecteur pourrait avoir trop tranchée. A certain moment, le roman sera en « On » : tout le monde s’exprime en même temps, en une pensée unique, une pensée de groupe.

Tout le monde ? Non, deux ne narreront pas l’histoire : ce sont les deux coureurs. Ce qui permet justement au lecteur d’avoir suffisamment de recul vis-à-vis de la violence exprimée (meurtre).
L’histoire sera racontée par leurs amis, en « Je » narrateur, en « On », lorsque le groupe revient sur la course folle des deux garçons, mais jamais, eux, ne parleront. 
Cette technique renforce l’effet de prise à témoin des amis du groupe. 

De nombreux dialogues sont insérés, ce qui permet un rapprochement avec le lecteur. 

Vers la fin du livre, comme dans une course, les chapitres seront de plus en plus courts. Le lecteur va retenir son souffle … pour savoir, enfin. 

A noter qu’un des jeunes va défier l’autorité, en mentant aux gendarmes pour protéger son ami, ce qu’aura par ailleurs déjà fait le jeune attaqué, en se débarrassant de l’arme qui aurait dû le tuer. Le clan se ressoudera, un temps, autour de ce mensonge. Le lecteur est ainsi également protégé, tout en ayant la possibilité de se rapprocher du groupe qui se soude autour d’une juste cause ; en effet, dire la vérité n’aurait rien apporté de plus. 

· Le roman aborde-t-il des thèmes tabous, et si oui, lesquels ? S’adapte-t-il au public lecteur (autocensure des auteurs, choix de la perspective juvénile...) ? 

Différents thèmes très difficiles sont abordés : l’envie de meurtre, le suicide, les migrants, les bombes, les snipers, les bus incendiés, les tueries d’innocents …
On parlera de la réalité qui « regorge de cadavres », des « stades réquisitionnés par l’armée », « des snipers », « des bus incendiés », du massacre d’innocents … 

Pour en parler, l’auteur multipliera les points de vue, via les amis des deux jeunes gens. Le suspense est renforcé via les divers avis, mais aussi par la chronologie destructurée, qui fait que les scènes relatives aux migrants ne sont décrites qu’à la fin de l’histoire, par deux personnes interposées, et non par celui qui a vécu les horreurs. 

Et pourtant, les jeunes vont changer : Elias, que tous pensaient parfait, et qui se révèle l’être, a une faille, et c’est pour cela qu’il sait. Il sait que Mattéo, qui veut le tuer, va mourir. Il lui dit ; et cela dès le début de la course : « tu vas mourir ». Et pourtant, c’est bien Mattéo qui le poursuit avec un Opinel dans l’intention de le tuer, lui. 
C’est pourtant Elias qui sauvera, par deux fois, Mattéo.

Elias ne doute pas. Il a trop vu de gens mourir. « Il ne veut pas de ce qui fait mourir ». 

Mattéo « a la rage ». Lui, l’être que personne ne peut battre, lui, le meneur, lui, qui s’entraîne et qui fait partie des meilleurs. Lui dont les parents sont racistes, mais qui l’est moins, grâce à ses rencontres internationales. Lui ne supporte pas, ne supporte plus l’être parfait. Celui qui le rattrape à la course pour savoir où sont rangés les pansements, qui est parfait, que les filles regardent, qui reste calme, qui ne fume pas, ne boit pas … lui qui va le battre au bras de fer, parce que Mattéo va le provoquer. 

· Présente-t-il une structure qui le rapproche du roman de formation ou 
d’initiation ? 

La structure du roman est un roman d’initiation : Elias est de ceux qu’un « destin hors norme a rendu meilleur ». Même si on ne l’apprend qu’à la fin, sa famille a été décimée (séparation). Il arrivera en France chez son oncle, travaillant pour lui comme manœuvre (réclusion), il sauvera la vie de Mattéo et celles des membres du groupe (transformation), se souviendra du passé (les ancêtres), on saura qui il est vraiment (ce qui peut s’interpréter comme un changement de nom), prendra une colocation avec ses nouveaux amis (fête de clôture).

· L’auteur recourt-il àdes procédés littéraires qui visent àprotéger son lecteur ? 

Comme je l’ai précisé plus haut, le « Je » narrateur est de mise. Même le « On ». Mais jamais les deux coureurs ne s’expriment directement auprès du lecteur. Ainsi, les paroles de celui qui veut tuer, dans un accès de folie et celui qui lui dit « tu vas mourir » (afin qu’il arrête) seront éloignées du lecteur.

C’est le groupe qui va raconter l’histoire :

Magnifier Elias pour certains « Rien n’existe comme cela sur terre », ou « cette force, qui diffusait comme un halo autour de lui, était indissociable d’une certaine idée de douceur et de paix ».  

Mattéo, lui, aura beaucoup de défauts : demandant si Elias est musulman car il ne boit pas, se remet à fumer, fulmine « on n’est plus chez nous » en passant dans une rue animée, fait preuve d’un racisme qui ira crescendo. Néanmoins, ses amis diront qu’en engageant le bras de fer, il « a signé son arrêt de mort ». Un peu comme si ce n’était pas lui le coupable.

Elias ne sera que douceur et vu, au départ, comme un « être venu d’un autre monde ». Son oncle, avant de fuir son pays, aura dit à son père qui ne voulait l’accompagner : « tu vas mourir » (sous-entendu, « si tu restes »). Et c’est ce qui s’est passé. Le père, mais aussi la mère et la sœur d’Elias sont morts, lors d’un bombardement. Lui en a réchappé, car à ce moment-là, il courait. Il comprend que « son corps sera le seul véhicule sûr pour fuir la guerre ». 

· Le roman présente-t-il une complexité formelle, comme la polyphonie, par 
exemple ? 

Une grande complexité formelle est à la base de la construction de ce roman, ce qui permet une distanciation nécessaire au lecteur vis-à-vis des thèmes abordés.

dimanche 6 mai 2018

La maîtresse aux colères A-TO-MIQUES ! (Bande-annonce)

Une campagne Ulule est en cours avec la géniale Stéphanie Alastra et le non moins super Jérémy Semet, pour le premier album d'une toute nouvelle maison d'édition.

Je vous laisse regarder, admirer, et éventuellement, participer.



Des bises de Muse 

jeudi 22 mars 2018

Une belle rencontre au Salon d'Ambérieu : Mathilde Perrault-Archambault

Miette Editions, une nouvelle maison d'édition pour la jeunesse

Et qu'est-ce qu'elle fait, votre Muse, quand vous avez le dos tourné ? Et bien, elle cherche, recherche, et re-recherche... Et trouve.




Aujourd'hui, elle vous présente une nouvelle Maison d'Editions, Miette Editions, avec l'interview de Ghislaine Lamotte, super timide pour l'occasion, mais qui a bien voulu répondre à toutes nos questions de Muse (enrouée). 

Pour écouter l'interview, cliquez ici : 




Quelques petites infos en plus :

Ghislaine sera en dédicace (youpiii) ce dimanche au salon de Bondues : clic pour découvrir.

Le site de la maison d'édition, c'est ici : je clique pour découvrir Miette Editions



Rapidement, pour vous donner envie, je vous parle d'une des deux sorties : "Le grand voyage d'un petit nuage" : j'ai adoré. Un très bel album, comme je les aime. Avec un petit cahier jeux, à la fin (ohhh, j'adore ça). L'histoire est très belle. C'est celle d'un petit nuage qui veut se rendre utile en donnant son eau (cycle de l'eau, toussa, vous connaissez, hein). Mais attention, il veut bien la donner, mais il veut faire une bonne action. Mais comment ? Ah, ça, c'est à vous de le découvrir.

les systèmes de répétitions tant appréciés des petits sont bien présents. 
Les dessins sont doux et reposants. 
L'histoire est comme je les aime, pas gnangnan, et avec une belle, très belle fin.

Bravo à Thierry Lamotte pour ce bel album.
Et longue vie à cette nouvelle maison d'édition. 



La Muse, conquise






lundi 19 mars 2018

"Elle s'appelait Hope" (petite nouvelle en cadeau /droits réservés)

"Elle s'appelait Hope" 

Il était une fois …

Une jeune fille, qui habitait dans un beau pays. Le pays des livres et des contes, des histoires et des merveilles. Du réussir toujours et de l’espoir.

Elle s’appelait Hope. Hope, en anglais ça veut dire espoir.

Elle rendait des services à tout le monde. Sans contrepartie, comme ça. Tout simplement parce qu’on lui avait appris l’amour, la générosité, la passion des autres et le respect.

Elle rendait des services, sans rien attendre en retour. Elle trouvait cela tellement normal. Et, en grandissant, elle continua.
Aider, expliquer, ré-expliquer …
Pas pour être bien vue, ou pour avoir une place gratuite à un endroit, non, tout simplement parce qu’elle aimait les gens, et qu’elle trouvait normal que chacun aide son prochain.

Un jour, comme toutes les jeunes filles de son âge, ses parents lui achetèrent un smartphone. Elle était heureuse. Elle allait enfin pouvoir échanger avec ses ami.e.s, mais aussi avec le monde entier. La vie était belle.

Et Hope continuait à donner. Bénévole au sein d’une association, elle donnait sans compter, on pouvait toujours lui demander un service.
S’il y avait besoin d’aller chercher un dossier, Hope était là.
S’il y avait besoin de nettoyer avant le grand spectacle, Hope était là.
S’il y avait besoin de guider les gens, Hope était là.

En fait, Hope répondait tout le temps présente, car elle aimait les gens. Mais les gens ne l’aimaient pas. Ils avaient vite compris qu’ils pouvaient se servir d’elle, et que cela ne leur coûterait rien. Alors, ils lui demandaient des services. Oh, pas des gros, mais quand même :
-        Hope, il faudrait faire ci. – Mais oui, répondait-elle, toujours souriante.
-        Hope, il faudrait tenir une permanence. – Avec plaisir, souriait la dévouée jeune fille.
-        Hope, tu peux nous héberger pour une nuit ? Ca ne l’arrangeait pas trop, mais la jeune fille pensait que l’amitié était importante. – Et bien oui.
-        Hope, comment as-tu fais pour réussir ton exposition ? –Je n’ai pas trop le temps de vous répondre, c’est le Vernissage, mais je vais le prendre.

Et de fil en aiguille, de questions en réponses, de demandes présentées gentiment, Hope étaient toujours là.

Mais un jour …

Un jour, Hope ne se sentit pas bien. Alors elle consulta. Mais elle n’avait rien. – Vous êtes juste un peu fatiguée, retournez travailler, lui lança le médecin. Hope retourna travailler, et rendre service, comme elle avait l’habitude de le faire. Sourire, être gentille, accueillir, c’était bien cela la vraie amitié.

Mais la santé de Hope continua de décliner. Alors, elle retourna voir le médecin. Qui l’envoya voir un autre médecin, et encore un autre médecin. Bientôt, tous les spécialistes étaient réunis pour dire que Hope était bien malade, qu’elle n’en mourrait pas, mais que sa maladie la rongerait, l’épuiserait, lui apporterait des souffrances, et surtout, ne guérirait jamais. Hope était catastrophée. Elle souffrait tant. Elle n’y arrivait plus. Le moindre effort lui prenait ses journées, comme un diable caché qui n’attendait que cela pour attaquer.

Un jour, un super ami lui dit en la vouvoyant : « vous n’avez pas le monopole de la douleur, vous savez, Hope ». Elle ne comprit pas. Comme elle souffrait le martyre, elle préféra ne pas répondre, en se demandant bien pourquoi ce super ami « à la vie à la mort » comme il l’avait dit se mettait à la vouvoyer. Mais qu’importe, elle devait prendre soin d’elle. Ce n’était donc peut-être pas un si bon ami.

Un autre jour, elle découvrit ce message étrange : « Je n’ai rien contre toi. Mais je suis obligé de mal te parler sur les réseaux sociaux ». Hope était anéantie. Comment pouvait-on être réduit à être obligé à mal parler à une personne. Elle posa la question à son compagnon, qui comme elle, resta sans réponse.
Alors, elle laissa.

Hope avait des tas d’amis à qui elle avait rendu des petits comme des grands services. Comme elle le disait toujours, sans rien en attendre en retour. C’est normal, nous sommes amis.

Et pourtant, le jour où sa santé commença à décliner, même les plus proches de ses amis ont abandonné Hope, parce que ce jour-là, elle n’était plus intéressante, elle ne servait plus. Oh, bien évidemment, on ne lui dit pas comme cela, mais c’était pareil.  

Ca a commencé par l’amie qu’elle allait voir tous les jours, qu’elle avait tant soutenue lorsqu’elle était malade, qu’elle avait même remplacée au pied levé pour une organisation. Elle avait tant donné pour elle. Elle avait même rejeté d’un coup les critiques que certains lui adressaient, en protégeant son amie. Du jour au lendemain, celle-là même à qui elle avait tant donné, l’a rejetée. C’était bien plus facile. Malade, Hope ne lui servait plus. Elle ne pouvait plus lui rendre les services qu’elle lui rendait avant, et qui l’aidait dans sa promotion.

Ce jour-là, personne ne dit rien. Hope eut un voile noir devant ses yeux.

Ensuite, ce fut le cas d’une amie, à qui Hope avait remonté le moral, qu’elle avait même aidé pour des corrections et qu’elle avait soutenue lors d’un différend. Et bien le croirez-vous, lorsque Hope fut malade, et en moins de temps qu’il n’en eut fallu pour cligner de l’œil, Elle se retrouva larguée, rejetée, éloignée. Le pire, c’est que par la suite, elle apprit que son ancienne amie continuait à baver sur elle, afin qu’elle soit rejetée par le plus grand nombre. Mais que lui avait-elle donc fait ? Hope ne souffrait-elle pas assez ?

Là encore, personne ne dit rien. Le voile noir était bien là.

Un autre, qui lui promis de l’emmener quand elle le souhaitait à l’hôpital, parce qu’il était son meilleur ami, l’abandonna de la même manière. Elle ne servait plus à rien, pourquoi s’en occuper ?

Toujours, personne ne dit rien. Le voile devint de plus en plus noir.

Hope accepta d’aider à une organisation, même prévenue au dernier moment, parce qu’elle aimait ce qu’elle faisait. Malgré la maladie, les douleurs et l’épuisement, elle tint bon, et prépara comme il le fallait. Malgré des larmes de désespoir, elle était fière de ce qu’elle réussit à présenter. Mais c’était trop beau. Personne ne voulait d’elle. Elle ne devait plus réussir. Alors, on chargea un illuminé de lui adresser des messages odieux, lui écrivant même qu’elle allait se faire détester par tous. Hope ne répondit plus aux messages. Malgré les promesses, elle ne fut jamais recontactée.

Là encore, personne ne dit rien. Le voile s’assombrit de plus en plus.

Hope fatiguait de plus en plus. Elle réussit quand même, malgré les coups et les mesquineries, à percer. A réaliser son rêve, enfin. Mais cela ne devait pas durer. Elle n’avait pas le droit d’être heureuse. Même un peu.

Alors, pour la punir, ses amis n’eurent d’autres raisons que de ne pas poser la question de son absence lors d’un évènement près de chez elle. Oh, elle aurait tant voulu y être. L’objet de ses rêves y était. Mais pas elle. Il ne fallait pas qu’elle y soit. Et puis quoi, encore, une handicapée ? Il était hors de question qu’elle réussisse à percer. Les personnes handicapées, on veut bien en parler, mais on ne veut pas les voir. Surtout pas.

Là encore, personne ne bougea. En même temps, il ne restait plus grand monde…

Ou presque.

Parce que dans les proches de Hope, quelques voix s’élevèrent, devant l’absurdité de son absence. Quelque uns osèrent poser des questions. Quelque uns demandèrent pourquoi.

Enfin, on la voyait comme elle était, une fille pleine d’espoir et généreuse et non pas comme un larbin au service des autres.

Hope mit du temps à s’en remettre.

Elle fit comme on lui avait appris. Du tri et encore du tri.
Elle apprit à ne plus faire confiance, disons, à moins faire confiance.  
Elle apprit à ne plus recevoir et tant donner, ou moins.

Elle eut mal, très mal. Car elle n’avait pas l’habitude. Même si ce n’était pas la première fois.

Mais, comme son prénom, elle était emplie d’espoir et elle continua encore et encore de donner, comme ça, pour rien. Juste parce qu’elle aimait ce qu’elle faisait.

Et ça, personne ne pouvait lui retirer.   
Elle s’appelle Hope. Hope, en anglais ça veut dire espoir.



Copyright Plum’2 Muse. 19 mars 2018.  
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Ceci est une fiction. Toute ressemblance avec des personnes existantes ou ayant existé ne serait que le fruit de votre imagination... ou pas